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La bonne santé est payante
: La moitié des
assurés obtiennent un taux privilégié |
| Par Marie-Josée Boucher, mars 2006 |
La préoccupation croissante des Canadiens
pour le maintien d’une bonne santé leur rapporte gros
en matière d’assurance: chez plusieurs assureurs, c’est
maintenant près de la moitié des assurés qui
réussissent à obtenir un taux privilégié
en assurance temporaire 20 ans.
Les produits d’assurance temporaire à taux privilégiés
gagnent de plus en plus de clients, y compris chez la temporaire 20
ans (T-20). D’une part, les assurés ont un souci accru
de se maintenir en bonne santé. D’autre part, les assureurs
révisent régulièrement leur produit afin de s’adapter
aux changements socio-économiques. Ils veulent ainsi mieux
damer le pion à la concurrence féroce qui n’est
plus seulement l’apanage des temporaires 10 ans (T-10).
Les assureurs procèdent régulièrement à
des réagencements de leurs catégories de risque privilégié
au sein de leurs produits temporaires. Certaines catégories
sont retranchées ou ajoutées alors que d’autres
voient leur définition modifiée pour mieux suivre l’évolution
du marché. Ces changements semblent favoriser l’adhésion
d’un grand nombre d’assurés aux « taux privilégiés
».
C’est ce qu’ont révélé un grand nombre
d’assureurs amenés à se prononcer sur ce phénomène
pour une première fois par l’entremise de notre exercice
comparatif publié dans les pages ci-contre. Voir Tableau de
comparaison des produits de T-20 ci-bas.
Ainsi, à la Financière Sun Life, en 2006, quelque 45%
des assurés se retrouvaient dans les deux premières
classes à taux privilégiés de non-fumeurs de
son produit temporaire 20 ans. En septembre 2005, la compagnie avait
d’ailleurs modifié les classes de risques de sa T-20,
passant de six à cinq : trois pour les non-fumeurs et deux
pour les fumeurs. Sun Life n’offre pas de taux standard.
Les règles pour être accepté au sein des catégories
privilégiées ont aussi subi des changements. «
La classe 1, la plus préférentielle, exige maintenant
que l’assuré n’ait pas usé de tabac depuis
les 60 derniers mois », affirme le vice-président adjoint,
établissement des prix individuels, Martin Fortier. Chez la
plupart des assureurs, le taux standard non-fumeur exige que l’assuré
n’ait pas fait usage de tabac dans les 12 derniers mois.
Signalons que Sun Life dispose de deux produits T-20. L’un d’eux
n’est vendu que par le biais des conseillers Clarica et ne compte
pas de tarif préférentiel, contrairement au produit
vendu dans les autres réseaux de Sun Life.
RBC Assurances confirme aussi que 45% de ses clients de T-20 se classent
sous les catégories Optimum non-fumeur et Préférentielle
non-fumeur.
Le vice-président et actuaire Rino D’Onofrio rapporte
que depuis l’an dernier, RBC dispose maintenant de cinq classes,
soit trois de non-fumeurs et deux de fumeurs. « Ce classement
est mieux adapté au marché actuel. L’assurance
temporaire est un secteur où nous voulons demeurer concurrentiels
», estime-t-il.
De plus, RBC Assurances a facilité l’accès à
ses produits T-10 et T-20. Depuis le 8 mars dernier, le test d’urine
n’est plus requis pour les postulants de 45 ans et moins, en
regard de polices de moins de 250 000 $.
Standard Life s’inscrit dans la même foulée puisque
48% de ses assurés de T-20 ont été acceptés
dans les deux premières des cinq catégories de risques
offerts dans son produit. Chez Canada-Vie, les deux classes privilégiées
de non-fumeurs recueillent à elles seules 45% des assurés.
Unité Vie peut même se vanter d’avoir la majorité
de ses assurés de T-20 dans ses deux meilleures catégories
de risque. En effet, 56% de ses assurés sont regroupés
sous ses catégories non-fumeurs A et B.
Pour sa part, Desjardins Sécurité financière
(DSF) a dû remanier son produit plus d’une fois pour l’adapter
à l’évolution du marché et attirer plus
de clients dans ses catégories privilégiés. «
Il y a eu différents changements au fil des ans. Nous avons
créé des taux privilégiés afin d’attirer
plus de clientèle », relève le chef produits vie
chez DSF, Éric Lemaire.
En 2004, DSF avait relancé le produit, réévalué
sa tarification et révisé ses classes préférentielles.
L’assureur a récidivé en janvier dernier. Maintenant,
Desjardins voit les ventes du produit augmenter. Près de 30%
des clients non-fumeurs de T-20 se classent dorénavant dans
les deux meilleures catégories, soit P1 et P2.
Transamerica Vie Canada compte quant à elle près de
33% de ses assurés sous les classes privilégiées
Élite et Sélect.
Du côté de Manuvie, ce sont 37% des assurés de
T-20 qui se rangent sous les classes privilégiées Indice
santé 1 et 2.
Les autres...
Malgré leur popularité, les taux privilégiés
ne s’étendent toutefois pas à tous les assureurs.
C’est le cas chez Great-West, où les assurés ont
accès à deux catégories : fumeurs et non-fumeurs.
L’assureur recueille 85% des assurés au sein de la catégorie
non-fumeur.
L’Équitable, qui n’offre son produit que sur le
marché hors Québec et qui affiche elle aussi que la
distinction traditionnelle entre fumeurs et non-fumeurs, révèle
que 71% de ses assurés sont non-fumeurs.
Vice-président et actuaire en tarification chez Transamerica,
Joe Kordovi croit que, outre la bonne santé, le jeune âge
des assurés de T-20 favorise l’obtention de taux privilégiés.
« Les gens sont maintenant plus sensibilisés à
la bonne santé. De plus, les clients qui contractent une T-20
sont assez jeunes, soit entre 30 et 50 ans. »
Quant à Martin Fortier, il observe que l’âge moyen
auquel les clients contractent une T-20 se situe à 37 ans,
selon l’analyse des deux produits offerts par Sun Life.
Cet âge de souscription reflète le créneau visé
par le produit. Éric Lemaire attribue en effet l’intérêt
du client pour une T-20 à son souci de couvrir des dettes à
long terme, de contracter une hypothèque ou encore le besoin
de s’appuyer sur une protection à coût modique
jusqu’à ce que les enfants soient autonomes.
Martin Fortier souligne que le produit se vend souvent sur une base
conjointe, payable au premier décès.
Marie-Josée Boucher |
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