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Les Canadiens commencent à réinvestir
dans les fonds internationaux

Par Al Emid , mai 2007

Après s’être cantonnés quelques années au Canada pour profiter des rendements plus élevés ici, les investisseurs canadiens s’intéressent maintenant à ce que la scène internationale offre en matière de diversification et de croissance.

Les chiffres de l’Institut des fonds d’investissement du Canada (IFIC) confirment nettement la tendance croissante à investir à l’international: « En janvier 2006, cette classe d’actif affichait des ventes nettes positives pour la première fois en 21 mois, soit depuis mars 2004 », affirme Erwin Go, directeur des Statistiques de l’IFIC.

Or, au premier trimestre de 2007, les fonds d’actions mondiaux et internationaux affichaient des ventes nettes de 6,7 milliards de dollars (G$), comparativement à 1,5G$ à la même période en 2006. Du côté des fonds équilibrés mondiaux, ces ventes s’élevaient à 5,4G$.

De plus, environ 1,6G$ en provenance d’autres types de fonds ont été investis dans des fonds d’action mondiaux et internationaux. Les fonds équilibrés mondiaux ont, pour leur part, recueilli 1,1G$.

Les raisons habituelles pour justifier la diversification internationale, comme obtenir un meilleur rendement et disposer d’un plus vaste choix d’actions, tiennent toujours, fait remarquer Dan Hallett, analyste de fonds et président de Dan Hallett and Associates, située en Ontario.

La tendance se maintiendra encore au moins une année, prédit quant à lui Frank Hracs, directeur de la recherche au Canadian Mutual Funds Analyst, autre firme ontarienne. Les chiffres de l’IFIC et d’autres facteurs l’amènent à estimer que les ventes totales de fonds à long terme s’élèveront à 35,0G$ en 2007 comparativement à 21,7G$ en 2006, une augmentation de 13,3G$. « À mon avis, environ neuf milliards de cette somme seront imputables à des fonds mondiaux : des actions mondiales, des obligations étrangères, des actions européennes et d’autres pays », prédit-il.

Le mouvement des ventes, les tendances économétriques et une modélisation mathématique conçue par son entreprise lui font prédire que les ventes en fonds mondiaux de tous types s’élèveront en tout à 18,5G$ en 2007. « Les conseillers financiers semblent constater que les investisseurs sont plutôt réceptifs à ces fonds. »

Au cours des derniers mois, les sociétés de fonds ont eu recours à diverses stratégies touchant tant des produits nouveaux qu’existants afin de s’attirer ces dollars.

Le Groupe Investors y parvient en misant sur divers fonds, tant nouveaux qu’existants. Il a d’ailleurs ajouté deux fonds mondiaux à sa brochette de fonds internationaux, soit le IG Mackenzie Cundill Valeur mondiale, un tout nouveau fonds de Mackenzie, et le IG Mackenzie Cundill Catégorie Valeur Mondiale, un fonds qui vient de changer de nom.

Aaron Margolis, vice-président adjoint, gestion de produits, au Groupe Investors, explique que l’on a effectué cet ajout pour permettre aux clients « d’accéder davantage à l’investissement à l’international ».

Les dernières stratégies de diversification internationale des Fonds AGF cherchent quant à elles à accroître l’attrait des fonds existants. On a donc récemment rehaussé à 49 % la portion du contenu étranger de sept fonds.

Par exemple, Keith Graham, vice-président principal d’AGF et portefeuilliste du Fonds canadien valeur véritable AGF, songe à en faire augmenter la pondération en titres étrangers (qui se situe actuellement à 29 %) de 5 à 10 % au cours de l’année. Question de limiter les risques, il prévoit s’intéresser à certains titres américains à forte capitalisation comme « les Cisco, Microsoft et Johnson & Johnson », actuellement sous-évalués selon lui, mais offrant une croissance assurée. « Je suis un sceptique : je m’assure d’abord de ne pas perdre d’argent, et c’est ensuite que je me demande comment en faire. »

De plus, AGF a lancé récemment des billets à capital protégé, liés au rendement de sa Catégorie de titres internationaux déjà bien en place sur le marché.

Les assureurs s’apprêtent eux aussi à rafraîchir leur gamme de produits mondiaux. Chez les fonds distincts, Empire Vie s’apprêtait à ajouter le Fonds dividendes de croissance mondial à sa gamme de produits internationaux qui comprend déjà le Fonds d’actions mondial, le Fonds mondial de petites sociétés, le Fonds équilibré mondial et le Fonds d’actions étrangères. Il compte également rehausser son contenu étranger au même niveau que celui du Fonds d’actions Élite, dont 75 % des actifs sont actuellement investis au Canada, le reste l’étant aux États-Unis, au Japon et ailleurs.

Les stratégies actuellement en œuvre à la Financière Manuvie comportent l’élaboration à long terme de nouveaux produits de gestion de patrimoine par l’intermédiaire de sa présence en Extrême-Orient.

Lorsqu’on conçoit un nouveau produit, on considère d’abord la pertinence de l’intégrer à d’autres marchés. Une fois qu’un nouveau produit de gestion du patrimoine conçu et lancé en Asie a fait ses preuves auprès des investisseurs locaux, on peut l’ajouter à la gamme de fonds communs de la société par le biais de sa filiale Elliott & Page ou de sa gamme de fonds distincts, explique Tahnoon Pasha, vice-président, placements de titres, au bureau de Hong-Kong des Investissements Manuvie. Il faut toutefois s’assurer de l’adapter à la réglementation et aux préférences des investisseurs du Canada.

En avril, Manuvie a ajouté à sa gamme deux nouveaux fonds mondiaux de même qu’un fonds canadien comprenant un volet international.

Là pour durer

Portée, du moins en partie, par la vigueur croissante des économies de marché des pays émergents autres que nord-américains, cette tendance à investir à l’international semble être là pour durer. « Les États-Unis représentent un pourcentage de moins en moins important des exportations asiatiques. Ce sont la Chine et certains autres pays qui deviennent de plus en plus des destinations d’exportation importantes », explique Lisa Myers, qui occupe le poste de chef de file financier au Fonds de croissance Templeton, de même qu’à la section «actions» du Fonds de revenu mondial Templeton.

Les habitudes d’achat des Nord-Américains eux-mêmes continueront de donner de la vigueur aux entreprises étrangères, estime-t-elle. Elle souligne ainsi l’intérêt du consommateur nord-américain envers les produits des sociétés électroniques japonaises, comme Sony et les voitures européennes.

Limiter les risques

Le fait d’avoir des placements à l’étranger ne signifie pas nécessairement que le portefeuille présente davantage de risques, soutient M. Hallett. Il suffit de l’équilibrer avec un volet d’investissements à revenu fixe qui, lui, peut contenir ou non des titres internationaux.

Les conseillers et les investisseurs peuvent aussi limiter leurs risques en choisissant des fonds qui offrent une bonne diversité géographique, contrairement à un fonds qui se limiterait, par exemple, à la Chine. « Pour l’essentiel, le consommateur a intérêt à préférer investir dans des fonds qui présentent un mandat plutôt large », dit-il.

Par exemple, le Fonds Fidelity Mondial se trouve à offrir un mandat large puisqu’il compte des positions au Canada, aux États-Unis, en Europe et en Extrême-Orient, tandis que le Fonds Fidelity Extrême-Orient, qui présente un mandat plus étroit, compte 87,3 % de ses positions à Hong-Kong, en Corée du Sud, à Taïwan, en Malaisie, à Singapour et en Thaïlande. Le Fonds Fidelity Chine a bien évidemment un mandat encore plus pointu, alors que 86,4 % de ses positions se trouvent en Chine et à Hong-Kong.

Al Emid
 
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FlashFinance.ca
The Insurance Journal
Le Congrès de l'assurance et de l'investissement