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Stratégies de placement pour la saison des REÉR

Par Al Emid, janvier 2009

La baisse des rendements des fonds communs de placement, les pertes d’emplois et l’agitation des marchés font craindre aux vétérans de l’industrie que la période 2009 des REÉR soit difficile. Malgré tout, les conseillers et les dirigeants de sociétés de placement consultés par le Journal de l’assurance ont suggéré des stratégies qui devraient leur permettre, ainsi qu’à leurs clients, de traverser cette période trouble.

L'histoire et les outils historiques occupent en général une place importante dans les stratégies d'un conseiller. Clément de Laat, président du cabinet de services financiers Clément de Laat inc., à Granby, dit utiliser les tableaux historiques Andex, qui indiquent les récessions précédentes, comme celles de 1974 et de 1987, et les reprises subséquentes, pour rassurer ses clients sur les jours meilleurs à venir.

« Les clients ne se souviennent pas du passé. Notre mémoire est courte », souligne-t-il, en rappelant la conviction traditionnelle selon laquelle les marchés s'améliorent avec l'investiture d'un président américain. L'histoire pourrait se répéter en janvier lors de l'entrée en fonction du nouveau président Barack Obama.

Tenir la main

L'approche historique ne tient pas la route pour Paul Bourbonniere, directeur de Polson Bourbonniere Financial Planning Associates, à Toronto.

« En ce moment, les gens veulent qu'on leur tienne la main, et non regarder des tableaux ou des graphiques », avance-t-il, en précisant que le facteur de la « main tenue » s'est accru récemment. Cela signifie de conseiller aux clients de certains gestionnaires de fonds de réévaluer leur degré de tolérance au risque lors du retour à la « normale » des marchés, en utilisant comme point de référence des valeurs en vigueur en janvier 2008.

Jugeant les prix des actions en baisse comme une occasion d'achat, il recommande aux clients de continuer ou d'accroître leurs contributions à leur REÉR. « Tout est en vente, littéralement », dit M. Bourbonniere.

Il estime aussi que la période est propice au rééquilibrage de son portefeuille, car la baisse des cours a modifié l'équilibre entre les actifs en actions et en titres à revenu fixe dans la plupart des portefeuilles. L'agitation boursière rappelle, selon lui, la nécessité de conserver des liquidités à l'approche de la conversion à un fonds enregistré de revenu de retraite, c'est-à-dire qu'il faut conserver l'équivalent de trois ans de retraits de FERR en liquidités et actifs à court terme dans le REÉR.

Comme on pouvait s'y attendre, les produits garantis, dont les certificats de placement garanti, plaisent aux clients plus âgés et aux retraités, selon M. de Laat, qui explique que certains clients remplacent le faible rendement par la sécurité de l'intérêt garanti.

Le confort des garanties a aussi stimulé les ventes de fonds distincts, de dire M. de Laat, qui les estime à 80 % des produits de REÉR vendus.

Ce produit intéresse généralement les clients de 50 ans et plus, avec environ 75 % des dépôts étant effectués dans des fonds d'hypothèques et d'obligations et le reste dans des fonds d'actions.

Les clients de moins de 50 ans ont deux préférences. Certains préfèrent les fonds communs de placement avec quelques fonds garantis, tandis que d'autres préfèrent ne pas avoir de fonds garantis.

Profil de l'investisseur

De plus, le marché baissier renouvelle l'importance à accorder au profil de l'investisseur, affirme Jean-Rémy Deschênes, coordonnateur commercial, services de gestion de fortune, chez Valeurs mobilières Desjardins.

« Le profil de l'investisseur est la toute première démarche pour se connaître en tant qu'investisseur et pour adopter la bonne stratégie », dit-il.

Le résultat de ce nouvel examen guidera la décision de privilégier soit les produits garantis, tels que des billets à capital, soit des produits non garantis ou soit une combinaison des deux catégories.

« La plupart de nos produits qui intéresseront le plus les gens lors de la prochaine campagne REÉR seraient des placements garantis », dit M. Deschênes.

Entre-temps, certains clients devraient reporter ou omettre complètement leurs contributions à un REÉR, surtout avec l'entrée en vigueur du nouveau compte d'épargne libre d'impôt (CELI), estime Jay Nash, gestionnaire adjoint de portefeuilles à la succursale de London, en Ontario, de Wellington West Capital.

Avantages du CELI

Les avantages du CELI rendent les contributions au REÉR contre-indiquées pour certains groupes, dont les récents diplômés ayant un faible salaire de niveau d'entrée et qui s'attendent à voir leur salaire et leur fourchette d'imposition augmenter avec les années.

Ces personnes pourraient envisager d'ouvrir un CELI pour obtenir une croissance non imposable et libre de pénalité lors de retraits. M. Nash recommande à ces personnes de cotiser à un CELI pendant plusieurs années, ce qui leur rapportera un rendement non imposable.

Lorsque le revenu et la fourchette d'imposition d'une personne augmentent, elle peut retirer des fonds du CELI et s'en servir pour contribuer à son REÉR. Elle transfère ainsi le rendement libre d'impôt du CELI à l'abri fiscal du REÉR et obtient un meilleur allégement fiscal pour une fourchette plus élevée d'imposition.

« Votre revenu est plus élevé et vous obtenez un montant déductible plus élevé aux fins de l'impôt. Les frais pour les retraits, lorsqu'ils sont prélevés, changent l'équation. Si vous ne gagnez que 30 000 $, vous recevez moins de 10 % en retour du gouvernement, c'est-à-dire qu'il vous revient 10 cents pour chaque dollar déposé », dit M. Nash.

Par comparaison, la personne qui approche de la retraite et dont la fourchette d'imposition est plus élevée pourrait toujours utiliser efficacement les contributions à un REÉR. « Si vous êtes présentement assujetti à la fourchette d'imposition supérieure et que vous y serez une fois à la retraite, vous différez l'impôt jusqu'au retrait des fonds et de cette façon le REÉR est encore avantageux », précise M. Nash.

Al Emid
 
Banque Nationale
 
Stratégie Financière Impact
 
AssuranceIntel
 
 
FlashFinance.ca
The Insurance Journal
Le Congrès de l'assurance et de l'investissement