accueil
abonnement
changement d'adresse
coin des conseillers
extra
liens utiles
nous joindre
publicité
Qui nous sommes
tableaux comparatifs
 

Manuvie coupe ses prix pour rester dans le coup

Par Donna Glasgow, octobre 2009

Financière Manuvie a réduit ses taux sur la moitié de ses produits d’assurance temporaire pour conserver une position privilégiée dans ce marché hautement concurrentiel où le plus bas prix fait loi.

À la fin du mois d’août, la Financière Manuvie a réduit ses taux de primes sur sa principale gamme de produits d’assurance vie temporaire : Temporaire Famille et Temporaire Entreprise. Ces produits de base servent également d’avenants d’assurance temporaire pour d’autres produits, explique Paul Smith, vice-président, marketing et élaboration des produits, assurance individuelle chez Manuvie. Cette réduction des taux s’étend à chaque groupe d’âge, chaque sexe et à ses cinq catégories de taux privilégiés Indice-Santé, soit des milliers de taux. Manuvie a réduit la moitié de ces taux, mais elle a maintenu environ 35 % d’entre eux. Elle en a augmenté 15 %.

La majorité des principaux assureurs ont ajusté leur taux de temporaire au cours de la dernière année, soutient M. Smith.

Manuvie avait elle aussi ajusté ses taux il y a à peine un an. Dans l’intervalle, ses concurrents ont révisé leurs prix au moins une fois et certains l’ont même fait à deux reprises. « C’est un marché très concurrentiel », ajoute-t-il.

Il y a un an, après avoir révisé les prix de ses produits temporaires, Manuvie occupait la place qu’elle convoitait : parmi les cinq premières d’un groupe constitué des huit principaux assureurs. Toutefois, l’assureur a depuis ce temps perdu du terrain, dit M. Smith.

La révision prix de Manuvie vise à maintenir une bonne position au classement du logiciel de comparaison des prix LifeGuide, de CompuOffice Software.

Il faut être sur la première page de LifeGuide. « Si votre nom ne paraît pas, les conseillers n’iront pas plus loin », dit M. Smith. Avec sa révision, Manuvie vise un marché cible : les 40 à 45 ans et une couverture de 500 000 $ et plus.

M. Smith qualifie-t-il de guerre des prix la présente de révision des taux? Selon lui, les réductions en assurance temporaire s’expliquent plutôt par une meilleure espérance de vie. « Par conséquent, les assureurs obtiennent de meilleurs taux de leurs réassureurs et leurs affaires deviennent plus rentables. Ils peuvent soit mettre cet argent dans leur poche, soit tenter d’accroître les ventes en réduisant leurs taux... »

Autre observation: les conseillers vendent plus d’assurance temporaire parce que les clients préfèrent acheter des produits moins chers quitte à les transformer en produit permanent lorsque les conditions économiques seront favorables.

« En dépit du déclin de 6 % du marché de l’assurance au Canada, celui de l’assurance temporaire a progressé de 4 % », dit M. Smith à partir du rapport LIMRA pour les ventes du second trimestre 2009.

Il ajoute que plusieurs de ces ventes d’assurance temporaire se transforment en ventes d’assurance permanente. Il estime d’ailleurs que 20 % des ventes d’assurance vie universelle de Manuvie proviennent de ces transformations.

Y a-t-il une guerre des prix?

Les opinions sont partagées à savoir si les assureurs ont oui ou non déclaré une guerre des prix en assurance temporaire.

« Absolument, il y a une guerre des prix en cours. Et elle est très féroce. Chaque assureur surveille de près les agissements des autres. Ils utilisent l’assurance temporaire comme porte d’entrée dans le marché », dit John Lutrin, premier vice-président à la direction et chef du marketing chez Hub Financial et Hub Capital.

M. Lutrin a une opinion claire sur ce qui se cache derrière cette intense révision des prix. « Pour les assureurs, l’assurance temporaire est un bon moyen d’attirer l’attention. Les prix dictent l’orientation du marché puisque l’assurance temporaire est considérée comme un produit de commodité. Lorsque les conseillers consultent LifeGuide, les noms ressortent... La révision des prix est vraiment une tentative pour les entreprises de mettre leur nom en relief... Elles essaient ainsi de gagner une part de marché. » Selon lui, cette tendance est cyclique puisqu’il y a une limite à réduire les prix.

Pour sa part, Neil Skelding ne qualifie pas de guerre l’actuelle activité de révision des prix de l’assurance temporaire. Le président de RBC Assurances indique toutefois que « le marché est extrêmement concurrentiel et particulièrement influencé par les prix. »

Il ajoute que RBC Assurances surveille ses prix de façon à toujours demeurer parmi les 10 premiers de son groupe de pairs dans la majorité des tranches d’âges. Si certaines entreprises ont été en mesure de réduire les prix de l’assurance temporaire, c’est en partie grâce à leurs investissements en technologie, selon M. Skelding.

Par ailleurs, Ami Maishlish avance que les révisions de taux en temporaire ne se sont accentuées au cours des 12 derniers mois (octobre 2008 à octobre 2009). « Au contraire, il semble qu’elles aient quelque peu ralenti depuis les 12 derniers mois comparativement aux années précédentes », estime le président de CompuOffice Software, et père de LifeGuide.

M. Maishlish observe en outre qu’AXA Assurances a été le plus actif en matière de révision des prix. « AXA a révisé ses prix d’assurance T10, T20 et T70 à l’automne dernier et a ultérieurement majoré les prix de la plupart de ses produits le 29 juin dernier. »

Par ailleurs, les prix de l’assurance temporaire aux États-Unis ont généralement augmenté au cours des 12 derniers mois, note M. Maishlish, « et de façon spectaculaire dans certains cas ».

M. Maishlish a aussi constaté que « le prix de l’assurance temporaire peut être «tiré» vers le bas lorsqu’on dépouille ou limite les produits dans leur valeur ajoutée. Par exemple, un assureur pourra changer la structure des taux de renouvvellement pour une formule de style américain, où la police devient renouvelable annuellement après le terme initial. Une structure tarifaire beaucoup plus coûteuse pour le client.

Il ajoute que, depuis des décennies, l’âge utilisé pour déterminer le prix à l’émission de la police est passé chez plusieurs compagnies de « âge atteint » à « âge à l’anniversaire le plus proche ». Cette dernière formule est au détriment de l’assuré. « En faisant ainsi, les assureurs ont essentiellement officialisé un faux départ de 6 mois. De cette façon, ils créent l’illusion de réduire les prix », explique M. Maishlish.

Donna Glasgow
 
Banque Nationale
 
Stratégie Financière Impact
 
AssuranceIntel
 
 
FlashFinance.ca
The Insurance Journal
Le Congrès de l'assurance et de l'investissement